Musée en Piconrue - 2013 - 1914-1918. Le Dieu de la guerre. Religion et patriotisme en Luxembourg belge - uitgaven - publicaties

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2013 - 1914-1918. Le Dieu de la guerre. Religion et patriotisme en Luxembourg belge

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Dès l’invasion d’août 1914, le Luxembourg belge fut durement éprouvé. L’Ardenne et la Gaume furent ensanglantées par des batailles d’envergure, accompagnées d’actions terroristes contre les populations. L’envahisseur allemand incendia près de 2000 maisons et massacra quelque 800 civils. Plusieurs ouvrages ont déjà été consacrés à ces tragédies. Jusqu’ici, cependant, on s’est peu intéressé à la place – pourtant importante – de la religion et de l’Eglise dans ce conflit majeur du XXe siècle. Ainsi, en août 1914, une propagande allemande délirante accusa-t-elle, à tort, le clergé catholique de conduire, en Luxembourg belge et ailleurs, une guerre de francs-tireurs contre les troupes impériales. Dans de nombreuses localités envahies, d’Erezée à Arlon, en passant par Libramoenluminure Tintignynt, les paroissiens tiraient traîtreusement dans le dos des soldats du Kaiser et les curés mitraillaient tous azimuts du haut de leur clocher ! Beaucoup de combattants allemands crurent dur comme fer à ce mythe mobilisateur, amplifié chaque jour par la presse d’outre-Rhin. Des représailles spécifiques s‘ensuivirent : prêtres fusillés, églises brûlées. Comment et pourquoi cette légende s’est-elle formée et diffusée? Comment l’Allemagne en est-elle venue à imaginer que les curés se transformaient en chefs-guérilleros ? Il est vrai que l’Eglise belge fut en pointe dans le combat patriotique, au début de la guerre comme durant toute l’occupation, mais de quelle résistance s’agissait-il ? Comment les mots d’ordre du cardinal Mercier furent-ils répercutés et suivis par le clergé et par les fidèles, dans les paroisses de Gaume, du pays d’Arlon, de l’Ardenne et de la Famenne ?

Par ailleurs, les soldats dans les tranchées de l’Yser, les habitants du Luxembourg belge en zone occupée, s’efforcèrent souvent de donner un sens religieux aux épreuves traumatisantes qu’ils vivaient. Ainsi, foi et patriotisme se sont-ils associés pour constituer une « culture de guerre » très particulière. Mais quel Dieu invoquait-on et pour quoi ? Et avec quelle intensité ? Et ce Dieu-là a-t-il facilité le consentement à la violence guerrière ? Ce sont ces questions qui parcourent le nouvel ouvrage du Musée en Piconrue qui a l’ambition de porter un regard original sur la Grande Guerre.


Un livre d’art


Sollicitant des sources d’archives jusqu’ici peu ou jamais utilisées, plusieurs historiens, universitaires et amateurs, ont participé à la rédaction de ce beau livre d’art et d’histoire de quelque 200 pages. Car il s’agit aussi d’un livre d’art, illustré de nombreuses images inédites comme les miniatures « résistantes » des moniales de Maredret qui racontent, dans un style néo-gothique remarquable, l’invasion dramatique de la Belgique et du Luxembourg belge en particulier. Exécutées secrètement en 1915, ces enluminures révèlent à leur manière l’implication d’un couvent de femmes dans le combat patriotique. Les bénédictines de Maredret nous donnent à voir le conflit tout à la fois comme une guerre de religion mais aussi comme une épopée médiévale glorieuse pour Monument Bastognela Belgique.

La « culture de guerre » s’est souvent exprimée dans la production artistique : peintures et gravures, caricatures de propagande, images pieuses, artisanat de tranchées (objets religieux ou profanes réalisés avec des munitions), etc. Ici aussi, patriotisme et religion fusionnent en une étonnante et incandescente mystique de guerre ; celle-ci, au lendemain de l’Armistice, persistera et inspirera les sculpteurs de monuments aux morts et les peintres de vitraux commémoratifs. L’ouvrage du Musée en Piconrue accorde une place significative à ces nombreux monuments de pierre ou de verre qui, de nos jours encore, du sud au nord de la province, entretiennent une certaine mémoire consolatrice et un certain imaginaire de la Grande Guerre. « Puisant dans le grand registre symbolique du sacrifice chrétien, ces œuvres ont réinventé une guerre où tous les soldats meurent en héros et les civils en martyrs, pour une patrie divinisée. »

On notera enfin que la publication 1914-1918. Le Dieu de la Guerre reproduit aussi plusieurs documents inédits (cartes postales et photos d’époque) évoquant les divers aspects de l’occupation allemande dans la province de Luxembourg.


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